585 kilomètres pour aller fêter nouvel an #Festive500 2017

Ecusson du Festive500

Rouler, pédaler, une journée, deux jours, trois jours, une semaine … laisser les kilomètres défiler sans les compter, simplement pour le plaisir, pour partager, pour regarder, pour ressentir … Le magasine 200 c’est un peu ça … C’est dans un numéro de ce magazine qui pense la façon de faire du vélo autrement que j’ai eu connaissance pour la première fois du Festive 500.

L’idée est simple; rouler 500 kilomètres entre le 24 et le 31 décembre.

Depuis quelques années, le vélo devient un phénomène qui dépasse le cadre sportif. Il est utile dans le quotidien de nombreuses personnes qui l’utilisent pour des raisons diverses, une promenade familiale, pour les allers retours domicile travail, vélotaf dans le jargon cycliste, pour leur régime. Bref le vélo roule sur le bitume à défaut de surfer sur la vague. Le Festive 500 c’est l’occasion de rouler pour le plaisir en ayant un objectif concret, le concept est né en 2010 lancé par RAPHA.

Manger, bouger; faites du vélo !

La fin d’année, c’est des repas de famille caloriques bien au chaud, des journées courtes, des températures qui mollissent, des faits qui sont autant d’excuses pour attendre patiemment le mois de janvier pour prendre LES bonnes résolutions de l’année. Le Festive 500 c’est prendre le contre pied des résolutions de janvier, c’est lutter contre une procrastination annuelle, c’est lutter pour soi même. Le festive 500, ça devrait être une habitude, sinon mensuel au moins annuel.

Reste plus qu’à rouler 500 kilomètres. 500 fois 1 kilomètre, mais là ce n’est pas gérable, le temps de s’équiper, de sortir le vélo, de rentrer le vélo. On passerait simplement ça semaine à se changer …

100 fois 5 kilomètres, c’est aller chercher 100 fois le pain à la boulangerie, ça paraît épique comme programme.

Allons tout de suite à des choses qui semblent acceptables 10 fois 50 kilomètres, ça pourrait être deux sorties par jour de 50 kilomètres, deux heures le matin, deux heures l’après midi, ça calme un peu écrit comme ça …

ça pourrait être une « grosse  » sortie, un événement en groupe sur un terrain connu entre 150 et 200 kilomètres le temps de la lumière d’une journée hivernale puis compléter le reste de la semaine avec des sorties plus raisonnables, restera tout de même 300 à 350 kilomètres.

Certains se lèveront, s’équiperont et se lanceront dans une chevauchée de 500 kilomètres ; direct. D’autres se diront que 500 kilomètres ça peut être la moitié de 1000, mais là on change de catégorie.

Je suis de ceux qui ne sont pas emballés pour faire 10 fois 50 kilomètres, ça limite géographiquement. On sort de chez soi, on prend la route à droite ou à gauche puis on se trouve sur des chemins connus, à s’acharner sur un segment strava … Je serai plutôt de ceux qui ferait une ou deux « grosses » sortie et qui compléterait par des routes connues, parce qu’en pédalant 50 kilomètres autour de chez soi, on peut malgré tout encore découvrir des chemins.

Prendre la voiture ou le train pour aller plus loin, ce n’est pas mon truc n’ont plus, j’ai envie de sauter du lit à la selle, sans temps mort, avec fluidité et énergie.

Après chacun créer son événement, le construit comme il le souhaite.

les propositions de trajet de Google Maps

Mon Festive 500 va me permettre d’aller fêter nouvel an, parce que l’idée est bien là, rechercher et trouver le plaisir pour en garder un souvenir agréable. J’écris ces lignes en avance, le jour J approche, je suis encore à J-2.

Sur le papier, mon Festive 500 ressemble à ça : un départ de la banlieue sud de la région parisienne pour rejoindre une bourgade rurale du Lot ; parcourir 600 kilomètres pour rejoindre des amis pour fêter nouvel an. Un peu d’aventure, dormir je ne sais où, manger je ne sais quoi. Départ prévu le mardi 26 décembre 2017, je me donne trois jours, voir quatre en cas de difficulté imprévue, 200 kilomètres est un nombre que je juge acceptable et qui me permettra de rouler de jour à peu de chose prêt, les jours rallongent ; déjà !

 Le préambule s’arrête là, dans la suite j’aurai parcouru cinq centaines de kilomètres … en théorie.

Jour J Mardi 26 décembre 2017 : à la croisée de la Beauce et de la Sologne

Un nouveau réveil pour une nouvelle aventure, je me réveil naturellement à 6heures, avant que le réveil ne bouscule mon cerveau. Sensations indescriptibles, tant que je ne suis pas sur le vélo, impossible de savoir comment je me sens. J’entre dans ma combinaison de cycliste ma deuxième peau le temps de quelque centaine de kilomètres. Le petit déjeuner est pris, je me prépare deux sandwichs au beurre de cacahuète, prends les bananes et les fruits secs. J’ai toutes mes affaires.

Il fait nuit, la température est fraîche mais rien d’anormal, il est 7h00, le ciel est clairsemé de nuages et d’étoiles. J’attache les sacs sur le vélo, mets le casque, le cache oreille, le cache cou, l’écharpe, le k-way, clip le GPS. Je suis paré, je me lance il est 7h12.

Le jour du départ, prêt à partir.
un village dans le sud Essonne

Encore une fois il faut s’extraire de la banlieue parisienne, puis de l’Île de France, s’échapper des voitures, des feux rouges, les routes remplaceront les rues, les stops remplaceront les feux rouges, les tracteurs les voitures, l’oxygène la pollution … Un nouveau monde s’offre à moi. Je franchis des ponts, des villes, des villages que je connais, puis ensuite c’est l’inconnu. La carte dans le GPS, le territoire dans les mollets !

Il y a déjà un peu de circulation, j’ai fait du mieux que j’ai pu pour faire le tracé, mais je n’ai pas fait de reconnaissance du parcours, à part deux ou trois endroits que j’ai visualisé sur open street maps. Je le sais d’avance, entre la carte et le territoire la différence est parfois inattendue. J’ai tout de même rechercher à maximiser les routes communales et chemins cyclables, tout en proscrivant les routes nationales. Cependant rien n’est simple, même si l’objectif principal est de rallier le point d’arrivé. Quant au dénivelé, il m’est totalement inconnu, ça sera la surprise du chef. J’ai passé quelques heures à tracer le parcours, mais encore une fois c’est l’inconnu qui domine.

premier changement de département, je sors de l’IdF

Je redoute le passage dans la Beauce, je ne suis pas déçu … La Beauce c’est cette grande étendue de terre agricole sans arbre, sans vallée, sans montagne, sans monts, avec du vent. J’ai taché de retarder le plus tard possible le passage sur les plaines Beauceronnes, lorsque je m’y retrouve c’est avec un vent du sud ouest, autant dire un joli vent de face, voir trois quart droite ou trois quart gauche.

La Beauce, c’est plat, c’est du vent, c’est l’horizon
Quai de la Loire à Orléans

Pas beaucoup de détail, les paysages ne présentent pas grand intérêt, la vue est dégagée sur l’horizon, il faut se forcer, pas d’alternative, pas de pause, la pause c’est l’excuse que ne tient pas à entendre le corps. Je retrouve une route importante que j’ai déjà emprunté lors d’un aller retour Paris Orléans, c’est le signe que je suis proche d’Orléans, en effet le panneau me fait face, enfin. J’entre dans la ville, passe devant la cathédrale, le temps est très moyen, je trouve une boulangerie. Les boulangeries sont des compagnes de routes de tout cyclotouriste. Je prends une part de pizza, une tartelette au citron et une boisson. Je file sur les quais de la Loire et m’installe sur un banc, j’apprécie l’instant, Un bon bout de chemin dans les cuisses, je n’aurai pas beaucoup de grosse ville à franchir, Orléans est un passage presque obligé, la Loire est inévitable.

J’ai reçu un message de mon hôte pour le airBnB de ce soir à Romorantin, je lui indique que nous pouvons fixer le rendez vous à 19heures. Il sera présent dans sa maison, mais j’aurai une chambre privative. Rendez vous est fixé.

Je reprends le chemin du guidon et de la selle, le vent a nettement réduit, passage à Olivet puis j’emprunte sur quelques kilomètres une voie départementale. La trace GPS tourne sur la gauche, c’est un chemin de randonné pédestre, pas large, pas goudronné, un chemin taillé pour un vélo de gravel, c’est parfait, je m’y engage, je trouve des branches, de la terre, de la boue. Je m’éclate. Ce chemin longe plus ou moins la route départementale sur la droite et l’autoroute A71 sur la gauche. Entre les deux c’est sauvage, autant que possible, je croise trois biches et un cerf.

Un chemin de terre ? C’est bon pour moi !

Je trouve le temps de rater un embranchement, je fais un demi tour, franchis un fossé, et me retrouve sur une grande allée boueuse d’herbes hautes, à ma droite une forêt de feuillu, à ma gauche une forêt de conifère. Le long de cette allée, des perchoirs pour les chasseurs. La forêt est belle,ça fait du bien de retrouver le contact avec la terre. Je ne m’en sors pas trop mal avec mes pneus qui sont maintenant tout lisses. Ma trace GPS m’indique des chemins inexistants, je repère donc la route et applique la règle selon laquelle le chemin le plus court entre deux points est la ligne droite, ça m’oblige à porter le vélo sur deux passages, pour le reste ça passe, en moulinant ! Je finis par rejoindre un chemin plus roulant qui m’amène sur une route goudronnée. Je suis ravi de ce baroudage après les soixante kilomètres de vent de face de ce matin, vive le gravel !

Il y où le chemin, il est où ? Il est entre les feuillus et les conifères !
Il est content l’gamin !

Je poursuis ma route, j’arrive dans une région qui a une tout autre allure, la Sologne. Je pédale sur de magnifique route secondaire avec très peu de voiture, je suis bien abrité par les nombreux arbres, j’aperçois des étangs et des lacs, je n’ai pas eu de pluie et le temps devrait se maintenir.

derrière la remorque du tracteur, aspiration garantie

Après avoir traversé Yvoy-le-marron je me retrouve derrière un tracteur qui transporte des branches d’arbres, il roule à une bonne trentaine de km/h, je me colle à sa remorque, attrape une branche et me laisse tracter, la route est neuve, c’est des moments de détente appréciables, je longe des lacs, de grandes propriétés, puis après un peu moins de 5 kilomètres, il tourne à droite, je vais tout droit.

un (tout petit) aperçu de la Sologne, superbe
Arrivé à Romorantin Lanthenay

Mon itinéraire est idéal, je ne m’arrête que très peu et pas longtemps entre Orléans et Romoratin-Lanthenay, où j’arrive aux alentours de 17h30. Durant ma journée, j’ai mangé avant d’avoir faim autant que possible, j’ai essayé de pédaler sans trop forcer pour ne pas me cramer. Je suis en avance, j’en profite pour repérer la maison, puis je vais en centre ville, j’achète de quoi manger pour le soir et le lendemain, un taboulé, du pain, des fruits, une plaquette de chocolat, des compotes de pomme.

boire un Perrier au chaud dans un bar tabac

Puis je trouve un bar tabac le long de la Sauldre. Je prends un Perrier, je suis tranquillement installé au chaud. Je file ensuite à l’AirBnB, Loïc habite dans une maison située dans une résidence privée, l’endroit est calme. Nous échangeons quelques banalités, je mets mon vélo dans l’entrée. Loïc part à sa salle de sport, le lendemain il commence le travail à 5heures, on ne se croisera pas. La chambre est chaleureuse, ça fait du bien. La douche est bonne, ça détend les muscles, je mange, je bois de l’eau, beaucoup d’eau. Puis ensuite je m’installe sur le lit et écris quelques lignes pour garder le souvenir de ma journée et pouvoir raconter cette aventure. J’ai eu une réponse pour un couchsurfing à Guéret pour le lendemain, Bénédicte m’a répondu positivement, c’est donc chez Bénédicte que je dormirai, c’est un souci de moins, j’ai un endroit où dormir et un objectif à atteindre.

Loïc revient vers 21heures, nous nous souhaitons bonne nuit, il me laisse un jeu de clef. Je décide de mettre un réveil à 6h15. Je passe une bonne nuit et le meilleur est de nouveau le réveil naturel le lendemain à 6 heure !

l’étape et le dénivelé
les chiffres de la première étape

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Jour 2 mercredi 27 décembre 2017 : la tête dans le vent les pneus dans la neige

Il m’a semblé entendre Loïc partir, il travaille dans un laboratoire d’analyse, c’est du 24h/24, travail en 3/8. Je mange mon en-cas du matin, je range mes affaires, attache l’ensemble sur le vélo, puis je prends la route à 7h30, j’avoue j’ai pris mon temps ce matin. Il fait encore nuit, il y a des nuages.

Franchissement du Cher à Mennetou-sur-Cher
à Gracay, des panneaux pleins d’humour !

La route est bonne, je franchis le Cher, puis j’affronte les éléments, ça commencera par le vent, j’ai cherché une image métaphorique, j’ai trouvé un vent à délicorner une licorne, il y a aussi à décasquer un cycliste, bref un vent d’ouest en continu, je me trouve bloqué à 10 km/h, dans ce moment là, pas de photo mais appuyer sur les pédales, et attendre que la roue tourne au propre comme au figuré ! Ensuite c’est une pluie fine et pénétrante qui m’éprouve jusqu’à Châteauroux que je finis par atteindre, franchissement de l’Indre.

Youhou ! De la boue, mais un bon raccourci.
Le panneau qui fait du bien, j’entre dans Châteauroux.

Je vais directement dans le centre ville ou je trouve une boulangerie où l’on peut manger en intérieur, je prend une salade de riz avec un moelleux chocolat. Je suis fatigué de cette matinée, la pause est réconfortante, je vois du monde, ça me fait du bien. Je passe un nouveau cap également, Châteauroux est la seconde grosse ville de mon parcours, j’ai parcouru une petite moitié de l’ensemble du trajet.

pause dans une boulangerie Castelroussine

Il pleut toujours une pluie fine avec quelques bourrasques de vent. Mon corps s’est rafraîchi, je connais cette sensation le départ sera dur, les vingt premières minutes devront relancer le bonhomme, activer la digestion. Je finis de traverser Châteauroux, j’arrive à Poinçonnet, ma trace GPS m’indique la route de la maison forestière, je vois le chemin mais une barrière me fait face, je décide de ne pas galérer et de ne pas prendre de chemin de terre comme ce matin sauf si je constate qu’il y a une vraie possibilité de passer sans difficulté. Je trouve une route forestière bitumée qui rejoint ma trace. Ce choix est le bon, pas de voiture, une belle route, de la forêt. Puis j’approche du département de la Creuse, le dénivelé commence à se faire sentir.

panneau d’information à Gournay
paysage indrien
à l’abri dans un abri-bus à Aigurande

En arrivant à Aigurande je suis obligé de m’abriter sous un abri-bus pour éviter une averse de grêle, la pause est courte mais je suis bien refroidi, je repars rapidement, le temps est très changeant, en sortant de la ville, je change de département et j’entre dans la Creuse, la route est montante, la neige fait son apparition sur le bas côté, un gros nuage noire approche, la pluie tombe, puis la grêle avec un mélange de neige, je trouve un abri in extremis.

 

Mon entrée dans la Creuse
Un nouvel abri le temps d’un coup de grêle

 

Quand je repars, la route est humide et les bas côtés sont blancs, en continuant c’est la route qui est blanche, et c’est tout le village de Bonnat qui est recouvert sous un duvet blanc. La route redescend, j’affronte une dernière bosse avant d’arriver sur Guéret à 17h30.

La route est blanche sur la route de Bonnat
à Bonnat, ça glisse

  

N’est-ce pas magnifique ?
En approche de Guéret, la Creuse se dévoile.
j’y suis, la fin du deuxième jour est au bout de la pédale

Je dois retrouver Bénédicte à 18h. Le timing est parfait. Le temps de nettoyer un petit coup les éléments mécaniques du vélo et de graisser la chaîne, avec la neige et la boue que j’ai pu affronter ça craque un peu. La nuit est tombée juste à mon entrée dans Guéret. D’ailleurs l’entrée dans Guéret est pentue, c’est une bonne fin de journée. Je vais pouvoir dormir au chaud.

Bénédicte arrive, elle habite un appartement du centre ville, dans une vieille bâtisse en pierre.

Elle me propose d’aller boire un verre dans un bar à bière. Après avoir pris une douche et m’être changé nous sortons pour nous rendre à pied au bar, nous devons y retrouver une de ses amies. Je me rends donc dans Le bar de Guéret, l’ambiance y est bonne. Nous y passons un bon moment, je découvre les vérités et les préjugés sur la Creuse. En effet il y a quelques soucis de médecin, beaucoup de chasseurs, des habitations peu coûteuses. Bref j’apprends également, qu’il y a deux spécialités culinaires, le creusois, un gâteau au beurre et noisette, et un plat à base de camembert et frites, l’idée de tremper des frites dans du camembert, ça doit pas être mal !

Le bar à bière de Guéret ! La Cervoiserie

En nous rendant au bar la route était glissante, demain je risque de trouver de la neige en quantité sur le plateau de Millevaches.

Nous revenons, nous mangeons une petite salade de pâte avec quelques champignons et oignons, un fromage de chèvre, c’est parfait après ma journée de pédalage. Nous finissons notre repas en échangeant sur nos vies personnelles. Un lapin se promène dans l’appartement, il se comporte presque comme un chat. Brossage de dent puis nous allons nous coucher, j’ai un matelas et Bénédicte me prête un sac de couchage. Je m’endors comme un bébé, dans la nuit je me réveille les jambes hyper lourdes, quelques petits étirements puis je finis ma nuit.

étape et dénivelé de la seconde étape
les chiffres de la seconde étape

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Jour 3 Jeudi 28 décembre 2017 : Du Gravel sur Millevache.

une rue de Guéret le matin.

Bénédicte est flexible sur son horaire de départ le lendemain matin, je lui propose un départ pour 7h30, ça colle. Mon réveil joue son rôle ce matin, il est 6h45, un peu dur, je range les affaires, nous prenons le petit déjeuner. Ensuite je peaufine le rangement puis j’installe les affaires sur le sac, Bénédicte part au travail, je monte en selle et me rend à la boulangerie de la place du marché. Il est 7h40, j’achète une boite de chocolat pour le plaisir d’offrir un cadeau quand j’arriverai ce soir à ma destination finale, c’est ma plus grosse étape, je devrais faire plus de deux cents kilomètres et avoir pas mal de dénivelé. En revanche je sais également que je ne vais pas croiser grand monde sur ma route. 

La journée est simple, traverser le Limousin en son cœur, pour découvrir le cœur du Limousin. La météo est bonne, le ciel est bleu. j’achète un demi pain, il faudra que je trouve autre chose sur la route sinon la journée va être longue. Je me lance, une fois sortie de Guéret j’entre dans la forêt de Chabrière, c’est sacrément vallonné, et en ce début de journée c’est magnifique, ça s’annonce bien.

Entrée dans la forêt de Chabrière
une route, mais pas de voiture, ça roule presque tout seul.
à Saint Georges de Pouge, je trouve mon bonheur.

Après 25 kilomètres j’arrive à Saint-Georges-la-Pouge et j’y trouve une boutique d’alimentation générale/droguerie, c’est juste ce qu’il me fallait. J’entre et j’ai un accueil chaleureux de la part du gérant, nous échangeons, ce moment d’échange est appréciable, j’achète un fromage de chèvre, un paquet de gâteau, des bananes, les bananes sont décidément un produit universel, on en trouve partout. Au moment de payer je vois des cartes de vœux sur un présentoir, c’est des cartes de vœux avec un dessin de l’église du village, j’en achète un lot, en plus du souvenir je pourrai écrire mes vœux en partageant cette expérience. J’adore ce moment.

Je repars sur ma route, la neige est de plus en plus présente et avec le froid la route est parfois verglacée. Ça devient une aventure, j’atteins les 900 mètres d’altitude et je parcours 80 kilomètres sur des routes blanches.

La Creuse avec un soleil matinal
une route brillante et glissante

Je rencontre tellement peu de voiture que je me mets à les compter. Les routes sont plutôt bonnes bien que je me retrouve de nouveau sur des chemins de traverse, je m’y engage avec plaisir et ravi de ce vélo qui si prête parfaitement. Un baroudeur des pneus à la guidoline ! La situation devient délicate quand le chemin ressemble à un passage tracé par des sangliers avec 10 centimètres de neige, je me retrouve obligé de pousser le vélo. Je finis par faire une pause, les pieds gelés, le portable est en zone blanche, le silence est roi, je suis dans l’œil du cœur du Limousin.

un chemin, une piste, y a plus qu’à.
une forêt exploitée, mais de toute beauté
une grosse flaque saupoudrée d’une fine couche de glace.
l’heure de la pause, coup de raz le bol dans cette neige sur cette trace.

Une piste roulante, puis de nouveau la route, et voila une voiture qui arrive. J’avance, je vois une yourte, puis une magnifique maison en bois ronde, c’est superbe. Depuis mon départ je n’ai pas eu de soucis pour l’eau, mes deux bidons étaient suffisant pour la journée, mais aujourd’hui le milieu d’après midi est à sec, je compte recharger et trouver un truc à manger à Peyrelevade.

je sors de Peyrelevade
Toujours le sourire !

Malheureusement en y arrivant, je trouve seulement de la neige, il y a bien des habitations mais l’activité m’apparaît inexistante. Je passe un pont, sous ce pont coule la Creuse. C’est à Saint-Yrieix-le-déjalat que je trouve une fontaine pour étancher ma soif.

la fontaine de Saint Yrieix le Déjalat qui fait du bien
le vélo kiffe moins la neige que moi
ça gèle sur la cassette et c’est dur comme du bois sec !

J’ai un autre souci, avec la neige, quand je roule la roue arrière bouche le dérailleur et en plus ça m’en met dans les chaussures. Et puis de la neige s’est accumulé sur la cassette et les trois pignons du haut on gelé, du coup je ne peux pas les mettre.

Sur le fond de l’affaire, je vis le truc à fond, j’en profite, j’avance tour de roue après tour de roue, je tiens le guidon tout en laissant la roue choisir le chemin privilégié, je suis seulement là pour maintenir la roue entre les deux fossés. La vigilance est de tous les instants.

il est pas beau le cycliste ?
une belle descente qui me fait franchir l’A89
la descente vue de derrière
moitié de face moitié de route

Le profil devient descendant, je roule le long de l’étang Ferrier, le soleil se couche, les lumières et les reflets sont somptueux. Je fais une pause, j’ai une petite fringale, je mange les chocolats et je garde la boite pour les amis, c’est le prix à payer pour les rejoindre. Je repars, je croise la Dordogne, ça sent bon la fin.

la boite de chocolat qui n’a pas survécu !
Etang Ferrier, le haut le bas, le ciel l’eau … Je ne sais plus

Je décide de couper sur la fin, après analyse ce n’était pas le plus judicieux, en effet le plan initial était de suivre la Dordogne, ce qui veut dire de la route plate, en coupant je prends de la côte sévère depuis Beaulieu-sur-Dordogne. J’arrive à 20h30, j’avais prévu 21heure.

Après la Creuse, la Corrèze, je franchis la Dordogne
La route de nuit éclairée à la frontale

Sacré aventure, j’ai fini par perdre le fil mais je n’ai pas croisé plus de cinquante voiture sur toute la journée, j’ai parcouru 212 kilomètres.

Le nombre total de kilomètre est moins élevé que prévu mais j’ai pris des routes plus directes après m’être aperçu que les routes principales n’avait de principale que le nom et pas la circulation.

La ville terminus
étape et dénivelé de la première partie de la dernière étape
les chiffres

https://www.strava.com/activities/1331725803/embed/e9646bbd9452790411e8760eb52300b341e435ea

la seconde partie de la journée
les chiffres de cette dernière étape

https://www.strava.com/activities/1331718804/embed/cbc5e2cd9581d861c77ed4f975bcb38496431afc

Le Festive500 est fait, enfin les 500, le Festive ça va être pour nouvel an !

Traverser une moitié de France en hiver, en autonomie, seul, c’est un peu d’aventure, beaucoup de plaisir. J’ai jamais eu froid intensément, j’ai une froid aux mains parfois, aux pieds souvent, à la tête jamais, mais j’ai su garder mon sang froid en toute circonstance !

Bref, mon festive500 c’était joindre l’utile à l’agréable, pédaler pour le plaisir de profiter, de découvrir des nouveaux morceaux de France.

Est-ce que je suis allé au-delà de moi même ? Je ne crois pas.

Le vélo a fait le boulot, le bonhomme aussi. La France est un merveilleux support d’aventure, de paysage ; la beauté est partout, il suffit de la regarder.

photo polaroïd finish

 

5 commentaires sur “585 kilomètres pour aller fêter nouvel an #Festive500 2017

  1. Top ton trajet! La neige et le verglas ça demande quand même de bien savoir piloter son vélo!
    Toujours une très belle manière de raconter ton voyage avec de jolies photos.
    La bise.
    Clem 😃

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